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De plus en plus on peut lire que les Hauts Potentiels Intellectuels (HPI) seraient plus sujets à l’ échec scolaire. On définit communément les HPI comme ayant un Quotient Intellectuel (QI) supérieur à 130 sur une échelle standard (comme l’échelle de Wechsler). C’est-à-dire 2 écarts types au dessus du QI moyen. Ils représentent entre 2 et 3% de la population. L’hypothèse avancée par de nombreux thérapeutes et relayée par les médias et les associations consiste à considérer cette intelligence supérieure comme une sorte de handicap, lié au décalage entre le HPI et le reste de la population. Qu’en est-il vraiment ?

HPI et échec scolaire dans la littérature scientifique

Il y a un nombre important d’études et de méta-études sur le sujet.

Pour Gustasffson (1994), le QI est positivement lié à la réussite académique et ce à tous les échelons de la scolarité. D’autres études démontrent que le QI est le meilleur prédicateur de réussite académique devant la motivation et d’autres mesures neuropsychologiques (Borghans et al, 2017; Duckworth & Seligman, 2005). Une méta-analyse récente va aussi dans ce sens en démontrant la corrélation entre QI et réussite scolaire (Roth et al, 2015).

Qu’est-ce que l’échec scolaire ?

Tout d’abord, nous allons définir l’échec scolaire afin d’être sûr que nous parlons bien tous de la même chose.

L’échec scolaire est un concept apparu dans les années 60. C’est Viviane Isambert-Jamati qui le décrit pour la première fois. Sociologue française née en 1924, elle consacre l’essentiel de son travail à la sociologie de l’éducation.

L’auteur décrit un phénomène qui commence à être visible, le caractère inégalitaire de l’école. En effet, tous les élèves ne sortent pas du système éducatif avec les mêmes acquis. L’école, indépendamment d’un enseignement dispensé de la même façon à tous les élèves, permet des réussites ou des échecs.

Ce concept est propre à la société dans laquelle il est employé. En effet, l’échec scolaire en France peut avoir comme finalité de sortir de l’école sans qualification permettant de trouver un emploi. Dans les pays moins développés, l’école n’a pas cette mission donc ce n’est pas le cas.

Selon Geneviève Chabert-Menager “le terme d’échec scolaire tend aujourd’hui à être remplacé par celui de difficultés scolaires. L’un et l’autre désignent pourtant un fait unique qui peut se définir sans ambiguïté: les impasses des élèves face aux exigences des programmes scolaires”.

Une autre définition intéressante pour la suite est celle de Nicole Peruisset-Fache qui évoque la nécessité de “distinguer deux types d‘échec : l‘échec sur le plan des savoirs et l‘échec sur le plan
de la socialisation”.

Des études à différents niveaux d’interprétation

Le problème des études citées plus haut est qu’elles font uniquement le lien entre QI élevés et réussites aux examens. Ce qui impliquerait que l’échec scolaire est seulement lié à la non obtention des examens de fin de cursus.

Comme nous l’avons vu dans les définitions de l’échec scolaire, il a plusieurs dimensions. Ainsi, dans ces études, un HPI en isolement social mais obtenant son examen n’est pas considéré comme étant en difficulté. Ou bien un autre très en dessous de son potentiel mais validant quand même ces examens non plus.

Par ailleurs, ces études ne prennent pas en compte les différences entres les systèmes éducatifs. Ils sont parfois très différents du nôtre.

Ce qui me pose problème, c’est d’essayer d’analyser un fonctionnement qualitatif par des études quantitatives. On comprend mieux pourquoi il existe une telle discordance entre les propos de certains thérapeutes et des scientifiques.

Les HPI et l’école

Bien que l’effet de “mode” des surdoués puissent amener certains journalistes à gonfler les chiffres pour les rendre alarmistes, je pense qu’il existe un nombre non négligeable d’HPI en difficultés dans le système éducatif d’aujourd’hui.  Ce fonctionnement si différent n’est pas adapté dans une institution qui accepte difficilement la différence. La pensée et le mode de raisonnement de l’HPI le rend non conforme à la norme éducative, ce qui peut l’en exclure. De plus, la pauvreté de l’information apportée aux enseignants sur ce sujet les prépare difficilement à  encadrer ces élèves.

Leur décalage avec les autres peut aussi les mener à s’isoler socialement, rentrer en conflit avec leurs camarades ou se faire malmener. La réussite à l’école dépend aussi des conditions dans lesquelles se trouvent les élèves qui y vont. De fait, un environnement sain est particulièrement important pour pouvoir réussir.

Je recommande aux parents d’être vigilants quant au comportement de leurs enfants. D’être ouverts au dialogue et de savoir demander de l’aide s’ils sentent que la situation leur échappe. Parfois, malgré tout l’amour que l’on peut porter à son enfant, il peut être bénéfique de faire intervenir un autre interlocuteur.

Concernant la gestion des émotions de l’enfant ou l’adolescent HPI, il peut être judicieux de penser à des méthodes alternatives. Par exemple, les Fleurs de Bach peuvent aider à dépasser certains états émotionnels difficiles. On peut penser au manque de confiance en soi, aux peurs, à la difficulté à se décider… Et vous ? Comment votre enfant vit sa scolarité ? N’hésitez pas à me répondre en commentaire juste en dessous !

Bonne rentrée !

 

Références :

Gustafsson, J. E. (1994). Hierarchical models of intelligence and educational achievement. Advances in
Psychology, 106, 45-73.
Borghans, L., Golsteyn, B. H., Heckman, J. J., & Humphries, J. E. (2016). What grades and achievement tests
measure. Proceedings of the National Academy of Sciences, 113(47), 13354-13359.
Duckworth, A. L., & Seligman, M. E. (2005). Self-discipline outdoes IQ in predicting academic performance of
adolescents. Psychological Science, 16(12), 939-944.
Roth, B., Becker, N., Romeyke, S., Schäfer, S., Domnick, F., & Spinath, F. M. (2015). Intelligence and school
grades: A meta-analysis. Intelligence, 53, 118-137.

Diedra Andenas, Kassandre Lapin. Échec scolaire et difficultés scolaires : la pédagogie différenciée,
une réponse ?. Education. 2013. <dumas-01017113>

(PDF) Réussite scolaire et professionnelle des personnes à haut potentiel intellectuel.

 

 

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Florian BIGEY - Coaching Zèbre

Author Florian BIGEY - Coaching Zèbre

Coach pour Atypiques, j'ai d'abord évolué en tant qu'infirmier puis naturopathe. Après mon dépistage HPI à l'âge de 24 ans, j'ai voulu me spécialiser sur l'accompagnement de la population neuro-atypique. J'aide aujourd'hui les autres à remettre du sens dans leur vie, reprendre confiance en eux et libérer leur potentiel.

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